Tribune
Demain, les Techniciens seront des notables
L’IA ne vide pas d’abord les ateliers, mais les bureaux. Pour Benjamin Chalus, elle achève simplement l’œuvre du taylorisme, et rend soudain précieux ceux qui savent penser avec leurs mains. Et si les ouvriers devenaient les nouveaux notables ?
Par Benjamin Chalus · 4 novembre 2026 · 9 min de lecture
L’intelligence artificielle est aujourd’hui au centre de toutes les réflexions stratégiques du monde de l’entreprise. Les dirigeants se montrent particulièrement friands de conférences, de formations et d’ateliers consacrés à l’intelligence artificielle, cherchant à en saisir les enjeux, les promesses et les implications. Et comment ne pas comprendre leurs interrogations, lorsque certains nous annoncent déjà l’avènement d’une quatrième révolution industrielle ?
« Ne vous plaignez pas que le progrès technique fasse disparaître de l’emploi, il est fait pour cela », nous rappelle l’économiste, démographe et sociologue français Alfred Sauvy. Néanmoins il est tout à fait légitime de se poser des questions tout à fait fondées sur le sujet. D’autant que, « selon une étude menée par LHH auprès de 2 000 dirigeants dans 13 pays, près de la moitié, soit 46 %, affirment avoir réduit leurs effectifs à cause de l’intelligence artificielle, et 54 % prévoient de le faire dans les cinq années à venir ».
